Cela va faire presque 10 ans maintenant que j'ai lancé la traduction Arduino sur www.mon-club-elec.fr, 6 ans que nous avons lancé une association à quelques-uns où nous proposons des ateliers Arduino, robotique, Python, etc. Et depuis 3 ans, j'ai professionnalisé les stages de construction d'imprimantes 3D, et cela fait déjà plus de 2 ans que nous distribuons des kits de machines DIY... Mais quelle est la logique de tout cela ?

En fait, les choses se passent en plusieurs temps : dans un premier temps, il y a l'envie de savoir "coder" ces petites cartes électroniques à mémoire flash type Arduino. Mine de rien, c'est passionnant de savoir contrôler des dispositifs de cette façon.

Puis chemin faisant, on devient capable d'utiliser des capteurs, de contrôler des moteurs... et assez naturellement, arrive le jour où l'on se construit une imprimante 3D. Là encore, c'est fascinant d'arriver à contrôler ces petites machines (plaisir qui ne passe pas avec le temps) et au passage on met le pied dans l'univers de la conception 3D. Un truc "énorme" apparaît alors : on devient capable de concevoir des pièces mécaniques en 3D... et on les a en mains 2 ou 3H plus tard !

Il suffit d'avoir essayé de percer 2-3 trous alignés au millimètre pour comprendre tout l'intérêt d'un tel outil. Et ceux qui ont tâté le tour à bois ou la fraiseuse comprennent très vite tout l'intérêt de l'affaire. Sans trop le savoir, en fait, on met le pied dans la "fabrication numérique"... même si cela se résume au départ à l'impression 3D.

Le temps allant, on se trouve confronté aux limites de la technique (temps d'impression long, solidité des pièces, matière limitée au plastique, etc.) et cela donne envie de pouvoir découper des plaques de matériaux variés. Du coup, le niveau atteint permet de fabriquer une CNC : on a les connaissances utiles, on sait utiliser l'électronique, on a une imprimante 3D pour créer des pièces de prototype, et c'est comme çà que l'on étend son parc de machines numériques.

Bref, çà résume assez bien mon parcours technique tout çà, et je pense que nous sommes nombreux à pouvoir le faire nôtre à quelques variantes près.

Du coup, ce qui a été vécu de façon implicite, par prise de conscience successives de possibilités nouvelles, permet au final d'atteindre un but malgré tout recherché de façon consciente : pouvoir faire soi-même par conception numérique, avec la maîtrise technique associée, les objets et machines dont on a besoin.

Au hasard d'une navigation web, j'ai trouvé sur un article de blog une phrase qui résume bien tout çà :

"Tu te fabriques des outils (ou machines) pour fabriquer des outils (ou machines) pour fabriquer les locaux dans lesquels tu mets ces outils… Sans déconner…"

Voilà, c'est çà le concept fondamental : de l'industrialisation finalement à l'échelle individuelle pour couvrir ses besoins techniques de façon autonome et locale ! Les bénéfices individuels et collectifs sont nombreux : partage des informations de fabrication, des savoirs et savoir-faire, réappropriation technologique, relocalisation des fabrications, machines à cycle de vie écologiquement favorable, etc.

C'est ce qu'on vous propose, et tout le monde peut passer à l'action avec nos machines numériques opensource, "sans déconner" !

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